Chaque année, l'association Natagora organise, le premier week-end d'août, l'opération "Devine qui papillonne au jardin", un recensement des espèces communes à large échelle auprès des particuliers car les observer offre une vue nouvelle sur la richesse du milieu que l'on foule du pied au quotidien. En effet, du fait de leurs exigences écologiques variées, ces insectes colorés agissent comme de véritables bio-indicateurs de la qualité de notre environnement.

Cette année, les participants profiteront de la bonne période de reproduction liée aux conditions climatiques favorables de 2017, précise Natagora. Les plus attentifs auront d'ailleurs déjà remarqué la forte présence de Machaons, un magnifique papillon présent dans 15 % des jardins lors du recensement précédent. Devenu rare dans nos régions, cette espèce facile à identifier fréquente principalement les potagers sans pesticide où il est attiré par les ombellifères tels que le fenouil, les carottes ou le persil.

Comment participer ?

C'est très simple, il suffit d'identifier les papillons qui visitent votre jardin les 4 et 5 août, en vous aidant d'une liste à visualiser sur le site internet de l'association. Paon du jour, petite tortue, vulcain... Il y a 33 espèces de papillons de jour que l'on peut observer dans les jardins en été ! Il reste alors à noter, pour chaque espèce, le nombre maximum d'individus que vous comptez en même temps et, enfin, à encoder vos observations sur le site. Si vous n'êtes pas disponible ce week-end là, vous pouvez renseigner les papillons observés quelques jours avant ou après.

Comment les attirer ?

Comme beaucoup d'autres insectes, les papillons disparaissent en raison de la raréfaction des milieux et de l'utilisation massive de pesticides. "Privilégier un jardin naturel est certainement la meilleure manière d'inverser la tendance", souligne l'association. "Pour attirer les papillons, il faut choisir des plantes intéressantes tant pour les chenilles que pour les adultes. Ces insectes à métamorphose complète apprécient la diversité des milieux et les jardins chaotiques où les herbes folles et orties côtoient les allées bien plantées. En privilégiant les plantes indigènes et en bannissant les produits chimiques, les chances de les apercevoir augmentent considérablement", explique Anne Weiserbs, biologiste chez Natagora. Sur le site, vous trouverez de nombreuses astuces pour aménager son jardin en faveur de la nature et plus spécifiquement des papillons. Par exemple, ne tondez pas l'intégralité de votre jardin. "Quelques petits coins ou bandes en friche ont un impact favorable indéniable sur les papillons. Idéalement ces refuges ne doivent pas être totalement fauchés chaque année car sinon toute une partie du cycle de vie des papillons est rendue impossible. Il est conseillé d'appliquer des fauches en rotation (une partie chaque année) de telle sorte qu'il subsiste toujours des zones refuges." Bref, les papillons ont besoin d'une nature spontanée et non pas domestiquée !

Infos : www.natagora.be/papillons