Ces derniers mois, le hasard a fait que j'ai été invitée à plusieurs " fêtes de 60 ans ". Je suis aussi régulièrement conviée à des " fêtes de 50 ans ". D'où la question que je me suis posée : entre ces deux décennies, quelle est donc la différence, à part le nombre de bougies sur le gâteau ?

ÉNERGIE. Pas de différence, quinquas et sexas restent égaux dans la guindaille. A 3 h du matin, aucun ne déclare forfait, même si à cette heure-là, il n'y a pas que de l'eau qui a coulé sous les ponts. Pour beaucoup, plus qu'un cap à passer, le passage d'une décennie à l'autre est surtout une occasion de faire la fête et de rassembler ses amis.

DÉFI. Alors que les quinquas s'imposent très souvent un défi plutôt musclé (grimper le mont Ventoux, sauter d'un hélicoptère) pour accompagner la fête, les sexas n'éprouvent plus ce besoin. Soit qu'ils aient déjà, à l'occasion de leurs 50 ans, réalisé leur rite de passage à travers un dépassement de soi, soit qu'ils estiment qu'ils n'ont plus rien à (se) prouver. Ils laissent libre cours à l'hédonisme pur et s'offrent plutôt un beau voyage.

BIEN-ÊTRE. Mais la différence que j'ai maintes fois observée, et que je trouve la plus frappante, c'est l'aura de bonheur que dégagent les sexas. Leur côté apaisé. A 50 ans, au moment où on se trouve en plein milieu du sandwich (enfants et parents exigeant soins et attention, alors qu'on est soi-même confronté à une multitude de changements et d'interrogations), on reçoit son anniversaire comme l'entrée dans un autre monde (les 50+). Et cerise sur la gâteau, on est en butte à une flopée de plaisanteries pas toujours des plus fines.

A 60 ANS, m'expliquent mes amis, on est bien dans sa peau. " Je n'ai jamais été aussi heureuse, se réjouit Patricia. Les enfants sont casés, alors que les enfants des quinquas rament (quand ils ne sont pas encore à l'école !). On a des petits-enfants qui nous apportent une bouffée d'air pur, sans les responsabilités. On a très souvent réglé ses problèmes sentimentaux ou arrimé son couple. On en a fini avec les empoisonnants problèmes hormonaux. On s'approche de la retraite et, par conséquent, on nourrit moins d'angoisses par rapport à son travail. "

ACCEPTATION. A quel âge accepte-t-on son âge ? A quel âge le chiffre rond n'est-il plus un choc ? C'est très personnel. Pour moi, cela a été 40 et toutes sortes de folies que même une ado eut reniées. Pour d'autres, c'est 50 et sa célèbre crise de la cinquantaine souvent évoquées en ces pages. 60 paraît moins problématique. D'abord, sa crise, on l'a faite. Ensuite, 60, ce n'est plus, comme avant, 3X20, et toutes les connotations que cela entraîne. Ce n'est même plus un âge légal pour partir en pension. En plus, aujourd'hui, les références positives sont légion. Il y a dix ans, on célébrait Sharon Stone comme " la belle quinqua "; elle est devenue la " sexa sexy ".

DONC ? Qui gagne le match ? Je serais curieuse de connaître votre avis !