En 2017, ils ont représenté 563 millions d'euros et leur croissance est 2,5 fois supérieure à celle des frais réguliers remboursés par l'assurance soins de santé obligatoire, selon un rapport publié mardi par l'Agence intermutualiste (AIM). Un patient sur cinq a dû payer de tels suppléments, pour un montant moyen de 1.065 euros.

En 2017, des suppléments d'honoraires ont atteint plus de 5.000 euros pour 10.000 séjours hospitaliers. Par ailleurs, le nombre de patients qui ont dû s'acquitter de plus de 3.000 euros de supplément a bondi, passant de 30.032 en 2014 à 37.408 en 2017 (+24,5%). Plus interpellant encore: deux fois plus de patients se sont vu appliquer des suppléments dépassant 10.000 euros.

Si des différences existent entre les hôpitaux, la pratique se généralise dans la plupart des établissements. Ainsi, entre 2015 et 2017, 23 hôpitaux sur 102 (soit plus d'un hôpital sur cinq) ont augmenté leur pourcentage maximal d'honoraires. Pour un accouchement par voie basse, relève l'Agence intermutualiste, ces suppléments varient de 613 à 2.045 euros selon l'hôpital.

Des inégalités persistent encore en fonction des régions. Le montant est plus élevé à Bruxelles qu'en Flandre et en Wallonie, avec un séjour sur 20 confronté à des suppléments d'honoraires de plus de 5.000 euros en région bruxelloise, contre 1 sur 100 au nord du pays.

Le manque d'informations aux patients est pointé du doigt. En effet, l'an dernier, seuls 36 hôpitaux, surtout en Flandre, proposaient aux patients une estimation des coûts hospitaliers sur leur site internet.

Les suppléments d'honoraires en chambre commune ou à deux lits en hospitalisation de jour ont été supprimés en août 2015.