L'un des premiers symptômes du glaucome est un rétrécissement du champ de vision mais lorsqu'on remarque le problème, cette maladie silencieuse est déjà à un stade assez avancé. Au début, les symptômes sont rares, voire inexistants alors qu'en agissant à temps on peut stopper le glaucome. " Cette maladie est provoquée par une atteinte du nerf optique, due en général à une élévation de la pression interne de l'oeil, précise le Pr Robert Kuijpers, chirurgien ophtalmologue. Celle-ci survient lorsque le liquide, produit en permanence à l'intérieur de l'oeil, n'est plus correctement évacué par un filtre appelé trabéculum. Ce déséquilibre provoque une tension accrue à l'arrière du nerf optique qui véhicule les images jusqu'au cerveau. Sans prise en charge, le nerf optique s'altère, le champ de vision se réduit petit à petit, avec le risque de perdre la vision centrale et de devenir aveugle. "

L'âge et l'hérédité jouent un rôle important dans la survenue du glaucome. Parmi les autres facteurs de risque, citons une forte myopie ou hypermétropie, les affections cardivaculaires, les apnées du sommeil et le tabac. " S'il y a des cas de glaucome dans votre famille, faites contrôler vos yeux dès l'âge de 40 ou 45 ans. Si vous êtes sujet à des élévations de la pression oculaire, n'attendez pas pour les traiter. " Tout traitement entamé de manière précoce permet de ralentir, voire de stopper l'avancée de la maladie. Une fois que le champ de vision s'est rétréci, on ne récupère pas ce qui est perdu.

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Des gouttes au scalpel

Le traitement de première intention consiste à administrer des gouttes qui facilitent l'évacuation du liquide par le trabéculum ou la diminution de la production de liquide. " Le succès du traitement dépend de l'assiduité du patient, car les gouttes doivent être appliquées correctement et à vie. Le ressenti de chacun joue aussi. Comme certaines gouttes sont douloureuses, on peut être tenté d'espacer les prises ce qui entraîne des effets secondaires. "

D'autres traitements, plus invasifs, font intervenir le laser. Celui-ci permet de pratiquer des microperforations dans les canaux des yeux, afin que le liquide s'évacue à nouveau. Une autre solution passe par la microchirurgie mais, là aussi, il existe un risque de complication. " La solution idéale n'existe pas encore : les différentes formes de traitements laser visent toutes à évacuer l'excès de liquide bloqué pour réduire la pression à l'intérieur de l'oeil. Le souci, c'est que nous ne sommes pas en mesure de prédire chez quel patient cela va marcher ou pas. Par ailleurs, il n'est pas rare que les bénéfices de l'opération s'estompent au bout de cinq ans. Dans le cas d'un glaucome avancé, la solution consiste à créer un nouveau canal d'évacuation du liquide par opération chirurgicale, ceci pour préserver ce qui reste du champ de vision. "

Pourquoi le glaucome se remarque (souvent) si tard

Le glaucome chronique, la forme la plus courante, ne se signale par aucun symptôme, douleur ou autre. Le cerveau se charge de compléter l'information manquante : au début, on ne remarque pas qu'il manque des informations ou que des éléments ne figurent pas dans notre champ de vision. Mais il y a bien des taches aveugles sur les bords du champ de vision, comme on peut le constater sur la photo.

Alerte rouge !

La situation est tout autre en cas de glaucome aigu, synonyme d'urgence. Ici, la pression oculaire augmente très fortement, parce que le canal de drainage du liquide s'est bouché. Résultat : l'oeil est douloureux et/ou rouge, la vue se trouble tout à coup. On peut aussi se sentir nauséeux. Dans ce cas, il faut consulter sans tarder, afin qu'un médecin puisse intervenir rapidement, le plus souvent en ayant recours à un traitement laser.