Un commentaire d'internaute sur un site d'infos : " Bon, résumons les articles du (ndlr : ici, le nom du magazine, qu'on sucre), pas de soda, trop de sucre, pas de vin, pas bon pour la santé, pas de jus de fruits, pas bon non plus, pas de viande, pas de beurre, pas de lait, pas de fromages non plus. Si cela continue, on va devoir sucer des cailloux... La meilleure solution est d'arrêter de lire ces articles déprimants. "

Même colère des internautes à la lecture d'un pensum dédié à la gastronomie des fêtes de fin d'année et, bonjour le surréalisme !, intitulé... " Tout ce que vous éviterez de manger ". Sur internet, où il ne faut pas trop tenir compte de l'espace, les rédac' chefs enguirlandent rarement les journalistes qui écrivent trop long. Heureusement donc pour le matricule de celui-ci (ou celle-ci) qui avait amplement matière à rédiger de tout son saoul - du foie gras politiquement incorrect au saumon fumé, y compris bio, bourré de trucs nocifs en passant par les mangues arrivées du bout de monde, les avocats et le quinoa qui participent à la déforestation et les zakouskis qui font grossir. Et que les femmes enceintes et les nourrissons évitent le riz à cause de la présence d'arsenic !

Pour la St Valentin, ce 14 février, la liste des courses sera beaucoup plus simple : de l'amour (mais pas trop sucré, car le sucre, c'est du poison) et de l'eau fraîche (mais pas dans un contenant en plastique à cause des résidus).

Colère, donc, face à ces interdits alimentaires qui se renouvellent sans cesse en se contredisant sans cesse aussi. Un peu comme si un chapelier fou passait au crible tout ce qui se trouvait dans notre frigo et nos placards en criant : Attention ! Peut pas ! Mauvais ! Poubelle ! Et puis, repassait en sens inverse en piaillant : Très bon ! Mange ton assiette ! Plein de vitamines ! Un chapelier dispensateur de leçons de morale, que personne n'apprécie de recevoir : " Vous consommez des féculents et des matières grasses le soir, petit inconscient ? Eh bien, ne vous étonnez plus de grossir ! Et donc de tomber malade. Et donc de plomber la sécu. "

Sans compter qu'on a parfois plus que l'impression qu'on se fiche franchement de nous. Gros fou rire en découvrant qu'un nutritionniste de Harvard prescrit de se limiter à six frites. Six ! " Un paquet sans sauce et douze petites fourchettes, svp, j'invite ma famille ! "

Plus grandiose encore : à l'heure où la guerre au diesel se fait sans merci et qu'on " découvre " que, finalement, l'essence consomme plus, on réalise aussi que le bio n'est pas écolo. L'agriculture bio favorise le réchauffement climatique, accusent les scientifiques dans le magazine Nature. Les cultures bio relâchent, en effet, plus de CO2 que les cultures traditionnelles et elles réclament une surface plus importante, ce qui entraîne une déforestation elle aussi plus importante.

Bon appétit quand même si vous passez à table :-) !